Carnet d'Anne

Sept jours pour ralentir : le récit d’une semaine de jeûne Buchinger en Pyrénées-Orientales

Cour du Château Montana à Banyuls-dels-Aspres sous la lumière dorée du soir, lieu d'accueil des séjours jeûne et randonnée

Il y a des décisions qui se prennent à voix basse, presque en dehors de soi. Celle de partir une semaine pour jeûner en est une. Non pas pour maigrir, même si le corps se déleste, naturellement, de ce qu’il n’avait plus besoin de porter. Plutôt pour s’arrêter vraiment. Pour sentir ce que c’est que de ne pas manger, et de découvrir qu’on peut non seulement le vivre, mais en retirer quelque chose d’inattendu.

En fait, ce récit est le mien. Celui d’une semaine passée dans un domaine des Pyrénées-Orientales, entre mer et montagne, dans le cadre d’un séjour de jeûne Pyrénées-Orientales, méthode Buchinger,, encadré par une équipe pluridisciplinaire et naturellement intégrée aux rythmes d’un territoire que je connais bien pour y vivre et y travailler.

Ainsi, je ne vous livre pas ici un manuel ni un protocole. Juste une semaine vue de l’intérieur, avec ses moments de flottement, ses élans inattendus, et la certitude, au retour, qu’on ne repart pas tout à fait comme on est arrivé.

Avant même d'arriver : la descente alimentaire

Le jeûne Buchinger ne commence pas le jour de votre arrivée. Il commence quelques jours avant, chez vous, avec ce qu’on appelle la descente alimentaire : une réduction progressive des apports pour préparer le corps à l’absence de nourriture solide.

Concrètement, cela signifie supprimer d’abord la viande, puis le poisson, puis les produits laitiers, puis les céréales, pour n’arriver que sur des fruits et légumes cuits et crus les dernières vingt-quatre heures. On enlève aussi le café, l’alcool, les sucres rapides. Il s’agit également de boire davantage. Progressivement, le corps commence à ralentir.

J’ai trouvé cette phase plus difficile psychologiquement que physiologiquement. Non pas parce qu’elle était pénible en soi,elle ne l’est pas, mais parce qu’elle m’a mise en face de mes automatismes : le café du matin, le petit quelque chose vers 17 h, le repas partagé avec les enfants. Ce sont des rituels, et les modifier, même temporairement, révèle à quel point ils structurent le temps.

En réalité, la descente alimentaire est un cadeau. Elle fait que l’entrée dans le jeûne proprement dit se fait sans à-coups.

Jus de légumes et préparation avant un séjour de jeûne Buchinger

L'arrivée : poser ses valises et son rythme

On arrive en milieu d’après-midi. Le rituel de l’accueil est doux : on vous installe, on vous explique le déroulé de la semaine, on note quelques mots sur votre état général. L’équipe Graine de Jeûne est là discrète mais disponible.

Le premier repas, si on peut appeler ça un repas, est un bouillon chaud. Le corps comprend que quelque chose commence. Ce n’est pas désagréable. C’est solennel, presque.

La chambre donne sur le jardin. Les Albères sont là, au fond, encore vertes à cette saison. Le premier soir, je n’ai pas lu. Je me suis couchée tôt, j’ai écouté les grenouilles.

Les premiers jours : quand le corps bascule

Le deuxième jour est souvent le plus difficile. Le corps cherche ses repères habituels, ne les trouve pas, s’adapte. On peut avoir la tête légèrement lourde, une forme de brouillard mental, parfois des courbatures. Ce n’est pas agréable, mais c’est attendu et de courte durée.

Ce qu’on ne dit pas assez, c’est ce qui se passe après : une clarté progressive, une légèreté dans les jambes, un rapport différent au temps. Quand on ne mange pas, les journées s’organisent autrement. Les créneaux des repas deviennent autre chose, une tisane, une promenade, un temps de silence.

Je me souviens d’avoir été surprise par mon propre calme. Non pas un calme forcé ou une résignation, mais quelque chose qui ressemblait à une détente intérieure, comme si le corps, libéré de la digestion permanente, pouvait enfin souffler.

Randonneurs en file sur un sentier forestier, vus au ras des chaussures de marche

Marcher dans l'histoire du Roussillon

Une randonnée est proposée chaque jour, adaptée au niveau de chacun et à l’état du groupe. Ce qui m’a frappée, c’est à quel point marcher pendant un jeûne est différent de marcher après un repas. Le corps est léger, la tête dégagée. On perçoit davantage les odeurs, les sons, les contrastes du paysage.

Les sentiers des Pyrénées-Orientales longent des vignes, traversent des garrigues, grimpent vers des chapelles romanes. Le guide connaît le territoire, son histoire, ses légendes. On parle, ou pas. Les silences ne sont pas embarrassants.

Un matin, on est montés vers une chapelle du XIe siècle. Vue sur la plaine du Roussillon d’un côté, la mer de l’autre, le Canigou en arrière-plan. Ce genre de moment où l’on se dit que le corps humain, allégé, sait exactement où il est.

Femme pratiquant une posture de yoga debout dans une salle lumineuse avec vue sur la nature et bols tibétains au premier plan.

Les parenthèses qui font la semaine

Ce qui différencie un bon séjour de jeûne d’un simple « ne pas manger pendant une semaine », ce sont les activités proposées à côté. Non pas pour occuper le temps, mais pour nourrir autrement.

Au programme : yoga doux le matin à l’aube, conférence sur les mécanismes du jeûne, atelier de céramique, soins corps (enveloppement, drainage). Certains sont inclus dans le séjour, d’autres optionnels. Aucun n’est obligatoire. On peut aussi choisir de ne rien faire, de rester au bord de la piscine à regarder les libellules.

L’atelier céramique, que j’avais choisi un peu au hasard, a été une surprise. Avoir les mains dans la terre, sentir la résistance et la souplesse de la matière, ne penser qu’à ça pendant deux heures — c’est une forme de méditation que je n’avais pas cherchée et qui m’a beaucoup donné.

Assiette de légumes vapeur, brocoli, haricots verts, courgette et radis, servie pour la reprise alimentaire du séjour

La reprise : le moment le plus important

On ne sort pas d’un jeûne d’une semaine en mangeant une raclette. La reprise alimentaire est aussi structurée que l’entrée dans le jeûne, et tout aussi cruciale.

Le dernier jour, un jus de légumes. Le lendemain matin, une coupe de graine de lin et pruneau. Puis une assiette de légumes cuit vapeur au guacamole. On réintroduit les aliments dans un ordre précis, en surveillant les signaux du corps. L’équipe accompagne cette phase avec autant d’attention que le jeûne lui-même.

Ce qui se passe dans ces premiers jours de reprise est souvent décrit comme une des expériences les plus marquantes du séjour. Les saveurs reviennent avec une intensité qu’on avait oubliée. Une branche de brocolis se déguste avec une attention qu’on n’a plus depuis l’enfance. Le corps est reconnaissant, et le montre.

Et après ? L'aventure continue

On repart avec un plan de sortie de jeûne sur plusieurs jours, des conseils nutritionnels adaptés à son cas, et souvent une liste de recettes cétogènes pour les premières semaines, une façon douce de prolonger les bénéfices du jeûne sans le stress du retour au tout-venant alimentaire.

Certains participants s’y mettent avec enthousiasme : ils cuisinent des crackers aux graines, des pains sans farine, des desserts à base d’amandes. D’autres reprennent progressivement leur alimentation habituelle, mais avec un regard différent. Plus conscient. Moins automatique.

Moi, j’ai tenu la reprise cétogène deux semaines. Ce que j’en garde aujourd’hui, trois mois après, c’est moins une liste d’aliments qu’une façon d’écouter. Quand est-ce que j’ai vraiment faim ? Qu’est-ce que j’ai envie de manger, et pourquoi ? Ce sont des questions simples, mais auxquelles on ne prend pas souvent le temps de répondre honnêtement.

Femme en pleine nature pendant un séjour de jeûne et randonnée

Pour qui, et dans quel cadre ?

Ce séjour s’adresse à des personnes en bonne santé générale, sans contre-indication médicale au jeûne. Il y a un questionnaire en amont, et l’équipe évalue chaque cas. On ne jeûne pas si on est sous certains traitements, si on a des antécédents cardiaques non stabilisés, ou si on est enceinte.

Le domaine est labellisé par la Fédération Francophone du Jeûne et de la Randonnée (FFJR), ce qui garantit un certain niveau d’exigence dans l’encadrement et l’accompagnement global. Ce n’est pas une cure de détox en chambre d’hôtel. C’est un séjour structuré, sérieux, où l’on est suivi de près. Ce cadre, c’est celui de notre cure de jeûne Buchinger authentique.

Il accueille des profils très divers : des personnes qui viennent pour la première fois par curiosité, d’autres qui reviennent chaque année comme une sorte de rituel de remise à zéro, des couples, des personnes seules, des professionnels de santé qui veulent vivre ce qu’ils prescrivent.

Ce qui les réunit, en général, c’est une certaine disposition à ralentir. Une envie de faire une pause que le quotidien ne permet pas facilement. Et, au bout de sept jours, une surprise assez universelle : la découverte que le corps sait beaucoup de choses que l’esprit avait oubliées.

Si vous avez des questions sur ce séjour, sur le jeûne Buchinger ou sur les conditions d’accueil en Pyrénées-Orientales, je suis disponible. C’est aussi l’une des choses que je fais avec Graine de Jeûne : vous aider à choisir un séjour qui vous ressemble.

Pour connaître le prix d’un séjour de jeûne et randonnée et les prochaines dates, tout est ici. Pour comprendre en détail comment se déroule une telle semaine et choisir le vôtre, consultez notre guide complet du stage de jeûne et randonnée FFJR.

Vivre l’expérience : nos prochains séjours en Pyrénées-Orientales

Envie d’expérimenter par vous-même les bienfaits du jeûne ?

Découvrir les prochains séjours ou contactez-nous

À découvrir

Table en bois dressée avec des verres de jus vert, des carafes d'eau infusée et des bouquets de fleurs blanches

À lire également

Idées de repas pour la reprise alimentaire après un jeûne

Savoir qu’il faut reprendre « en douceur et pauvre en glucides »,...

Bol de bouillon du soir et cuillère sur la table d'un séjour de jeûne

À lire également

Charte FFJR — Fédération Francophone de Jeûne et Randonnée

Graine de Jeûne est un centre labellisé par la Fédération Francophone de...

Longue table en bois dressée de bols et de fleurs sous une pergola, au soleil couchant, pendant un séjour de jeûne

À lire également

Que manger après un jeûne ? La reprise alimentaire pas à pas

La reprise alimentaire décide d’une grande partie des bénéfices de votre jeûne....

À lire également